C’est avec grand plaisir que nous apprenons la publication du texte Les Basques à Paspébiac au temps du Régime français. Un territoire partagé, dans la revue L’Estuaire de l’Université du Québec à Rimouski, par nul autre que le grand historien gaspésien Mario Mimeault.
Dans son étude, Mario Mimeault explique que Paspébiac a été un important témoin de la présence basque au régime Français, en plus d’être un lieu d’interaction constante avec d’autres groupes ethnoculturels, soit les Autochtones, les Bretons, les Normands, les Canadiens et les Acadiens.
Cette contribution vient approfondir et enrichir grandement notre compréhension de l’histoire globale du banc de Paspébiac. En raison de leur importance, nous avons souvent eu tendance à accorder toute notre attention aux grandes compagnies jersiaises, soit la Robin et la LeBoutillier Brothers. Cela vient donc nous rappeler que leur implantation, à compter de 1767, s’inscrit dans un contexte beaucoup plus large et ancien d’exploitation des ressources de la mer.
Mario Mimeault rappelle notamment la rencontre entre Jacques Cartier et les Autochtones résidant à Paspébiac en 1534. Il observe que l’habitude des échanges commerciaux y est déjà bien ancrée, ce qui fait remonter à d’autant plus loin les premiers contacts. Ensuite, pendant tout le régime Français, Paspébiac continue toujours d’être un lieu important pour la traite des fourrures et le commerce de la morue.
Encore aujourd’hui, Paspébiac demeure un lieu d’exploitation des produits de la mer, avec son quai, ses pêcheurs et son usine de transformation. D’un point de vue patrimonial, l’activité demeure donc toujours vivante, s’inscrivant de manière continue et significative sur près de 500 ans, soit depuis les premiers européens, voire même des milliers d’années vu la présence attestée des Autochtones.
Cette longue durée, ces différentes couches successives d’occupation du banc de Paspébiac, s’inscrit parfaitement dans le critère numéro V de la convention du patrimoine mondial de l’UNESCO, soit “un exemple éminent […] de l’utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d’une culture (ou de cultures)”.
Spécialiste de l’histoire des pêches, Mario Mimeault est l’auteur de nombreux articles scientifiques et ouvrages historiques, notamment Destins de pêcheur : Les Basques en Nouvelle-France, L’Exode québécois 1852-1925 et La pêche à la morue en Nouvelle-France. Sa carrière a été couronnée de plusieurs prestigieux prix : Prix du Gouverneur général du Canada, Prix Louise-Dechêne pour la meilleure thèse de doctorat de l’Institut d’histoire de l’Amérique française et Prix Clio-Québec de la Société historique du Canada. En 2022, l’Université du Québec à Rimouski lui a également remis un doctorat honoris causa pour souligner “la richesse de sa carrière scientifique” et “sa grande capacité à vulgariser l’histoire afin de la faire connaître et de la rendre plus accessible”.
Pour consulter l’article de Mario Mimeault :
https://www.erudit.org/fr/revues/lestuaire/2026-n84-lestuaire010945/1126662ar/